A Avignon, le directeur du Bourg-Neuf est mis à poil

Photo Dominique

L’image est osée. C’est celle d’un homme qui pose nu au milieu de plusieurs dizaines de cartons d’archives. Ces cartons symbolisent l’histoire d’un théâtre d’Avignon. C’est le théâtre du Bourg-Neuf, créé il y a 30 ans par cet homme, Dominique Fataccioli, qui a impulsé des centaines de créations artistiques dans la ville dont le nom est associé à Jean Vilar et au théâtre.

L’image est parlante. Elle représente une situation. Celle d’un théâtre menacé d’expulsion par son propriétaire qui entend récupérer l’activité. La justice a donné raison à ce propriétaire, le théâtre a fait appel, il veut continuer à vivre, à recevoir son public. Nous en sommes là aujourd’hui.

Ce n’est pas qu’une image, c’est un appel. Un appel à une forme de raison qui nous dit qu’on ne devrait pouvoir prendre l’activité d’une équipe qui a tout construit à ses frais depuis 30 ans : 2 salles de théâtre climatisées, pour un lieu artistique qui tourne été comme hiver, qui fait vivre la culture à l’année à Avignon, et qui, pendant le festival, ose une programmation à la fois exigeante et grand public.

L’image est signifiante. Elle nous dit qu’il est injuste, inacceptable de se faire expulser d’un lieu que l’on a totalement inventé. Elle nous explique que l’activité théâtrale telle qu’elle est pensée par le Bourg-Neuf n’est pas une activité lucrative. Elle permet de faire vivre la création, jamais de s’enrichir financièrement. Aujourd’hui, le théâtre du Bourg-Neuf est comme son fondateur : à poil.

L’image est un message. Un message de Dominique Fataccioli, artiste, réalisateur, metteur en scène, et fondateur du Bourg-Neuf, mais c’est aussi le message de ses 6 employés à l’année (13 pendant le festival), et certainement de toutes les compagnies qui passent par ce théâtre (20 000 entrées cette saison).

L’image est un acte. Qui nous invite à nous mobiliser. En signant cette pétition (clic, clic, clic), pour dire qu’on n’efface pas 30 ans de création comme ça. Que le théâtre du Bourg-Neuf, comme d’autres « petits » théâtres d’Avignon représente la culture dans ce qu’elle a de fragile et de beau : c’est un monde de possibles. Il ne faudrait pas qu’il s’efface.

Virginie Spies.

Semioblog – 8 octobre 2012

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